Accueil Date de création : 04/07/07 Dernière mise à jour : 20/01/14 11:03 / 278 articles publiés

Fiction

L'affaire Trouillochon  (Fiction) posté le mardi 18 novembre 2008 15:57

 

Attention, à lire exclusivement avec la musique qui fait peur. Veuillez cliquer sur le bouton de lecture... Ahahaha.... ça fait froid dans le dos non? Avouez que, comme moi,  vous avez peur d'aller vous coucher après avoir vu l'émission "faites entrer l'accusé" !  

Nous sommes le 28 Janvier 1985 et Antoinette Trouillochon rentre chez elle, comme tous les soirs. Il est 18H40. Antoinette a terminé son service à l'hopital psychiatrique Sainte Ernestine vers 18H30, et s'est engouffrée dans le froid de cet hiver rigoureux. Dehors, il fait - 21°. Antoinette Trouillochon descend les escaliers de la station "Glaciaire" à la volée. Elle a l'air pressé... Certains de ses collègues affirmeront plus tard qu'elle avait "un rendez-vous minitel"... Antoinette s'approche de la rame, ouvre la portière, et s'accroche in extremis à la barre gluante de la ligne 6, et le métro s'en va. Plus personne ne reverra Antoinette Trouillochon.
C'est le l'inspecteur Saupiat (comme ça se prononce) qui s'est occupé de l'affaire à l'époque. Il est avec nous ce soir :
"Monsieur le commissaire, bonsoir. Car, depuis, vous êtes devenu commissaire divisionnaire, muté en 1995 à Saint Pierre Emiquelon..
- Bonsoir
- Alors j’ai envie de vous demander comment a commencé pour vous cette affaire Trouillochon ?
- C’est simple, nous avons reçu simultanément un signal d’alarme au commissariat du 13è où j’étais à l’époque, et un appel du voisin de la victime, en plus de l’arrêt d’urgence signalé dans la rame où se trouvait la victime vers 18h52.
- c’est cela qui est troublant les trois événements se produisent presque simultanément.
- oui, disons que le signal d’alarme du commissariat ne nous avait pas vraiment alertés, parce que c’était le jour de l’enterrement de vie de garçon d’un collègue et le commissaire Blaguepas était assez farceur alors sur le moment on s’est dit…
- Vous vous êtes dits que c’était une plaisanterie
- oui
- et alors ?
- bien, après vérification, il s’est avéré que le collègue Lemanche avait en effet actionné le signal d’alarme par erreur, en ouvrant une canette de bière.
- Mais alors qu’en est-il de l’appel du voisin de la victime ? Car en effet, vous dites que cet appel s’est produit au même moment ?
- Tout à fait, au même moment, mais on l’a su que plus tard. Comme je vous l’ai dit, Robert avait actionné le signal d’alarme, et, du coup, on n’a pas entendu le téléphone.
-?
-!
- Mais alors...
- Et bien en fait il a rappelé mais le lendemain.
- Et?
- C'était une erreur, d'ailleurs j'ai ici une copie de la main courante sur laquelle est relaté l'événement. C'est le brigadier Toudurc qui l'a noté.
- Le brigadier Tr...
- Non, non, Tou-durc !
- Ah pardon.
- En fait, le voisin de la victime cherchait à joindre les pompes funêbres, et il s'est trompé de numéro
- Les pompes funêbres! Comme c'est troublant.

Mais l'affaire Trouillochon ne va pas s'arrêter là. Dans cette rame qui la conduit vers l'enfer, ou plutôt Denfert (Rochereau), Antoinette va se faire remarquer d'une façon inattendue. En effet, des passagers interrogés plus tard affirmeront qu'ils l'avaient vue "aguicher" de façon très nette le conducteur de la rame, l'agent de la RATP Yvon Fairgraive.
Monsieur Fairgraive est avec nous également ... (à suivre)

 

D.

 

PS : la musique est de Michel Legrand. Elle fut le générique d'un film : le messager (The go-between, de Joseph Losey en 1970)

 

 

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Une famille en or (un accident) ... 1  (Fiction) posté le mercredi 30 juillet 2008 18:31

 

 

Une bien belle journée, oui, quand j’y pense. Tous les cinq, nous étions un peu à l’étroit dans la Mégane de papa. Je crois qu’après le déjeuner on avait repris la route  un peu pompettes. Surtout papa. C’est lui qui conduisait. Mais il tenait la route, hein, pas de blague !

Nous étions partis le matin très tôt pour ne pas perdre une miette de cette merveilleuse journée à la mer. Je ne sais pas pourquoi, cette journée me tentait, alors plutôt que d’aller traîner avec les copains, j’ai finalement choisi la sortie en famille. On est passés chercher oncle Lucien et tante Solange. Papa a dit - debout là-dedans - en cognant à la porte de la maison. Tante Solange nous a surpris. Elle a ouvert la porte - Bonjour, c’est pas trop tôt -. Elle était déjà prête, maquillée et tout. Mon oncle a éclaté de rire, et a proposé un café à papa.

- Non -, qu’il a dit, - on a de la route à faire -. Cette journée au bord de la mer, on l’avait bien méritée. Elle faisait suite à une autre journée qu’on avait passée à Paris, celle-là, dans les studios de la télé. On avait participé au jeu - Une famille en or - et on avait gagné mille cinq cent euros. Bon, c’était pas grand chose à partager en cinq. Alors papa avait dit - tiens, si on allait fêter ça à Etretat ? On pourrait partir la journée, voir la mer, et aller au restaurant à midi.

Tante Solange et oncle Lucien, qui ne sortaient pas beaucoup, avaient rechigné un peu au début. Je crois qu’ils avaient envie d’utiliser leur part des gains pour repeindre la cuisine, mais finalement, ils se sont décidés, et - en voiture Simone. Simone, c’est le prénom de ma mère, en plus. Je ne compte plus les fois où papa lui a ressassé le refrain…. Elle n’y fait même plus attention.

On était partis à l’aube, comme toujours avec Papa, tu parles, un Dimanche en plus, il y avait pas un chat sur la 104. Pour une fois, il irait pas à la chasse. Une fois partis, il a dit. - mince ! j’ai oublié d’enlever le fusil du coffre. Tant pis, c’est pas grave. On va pas faire demi tour maintenant… Et puis, il y a peut être des lièvres, en Normandie ! - Il a ajouté.

On a fait Meaux Ecouen en moins de deux, si bien qu’on est arrivé chez mon oncle et ma tante avant huit heures. Papa a dit - bon, on va aller boire un café en attendant. Ils sont sûrement pas encore réveillés. Le beau frère est pas un matinal ! -

-  Soit pas mauvaise langue lui a dit maman. Tu sais bien qu’il est un peu déprimé depuis qu’il est au chômage…

- Mouais, n’empêche, il a pas l’air d’être en recherche intensive… -. Il a ricané en me faisant un clin d’œil…

Moi, ça me disait bien un café. J’avais somnolé sur le siège arrière depuis la maison. J’étais pas encore remis de ma soirée tarot un peu arrosée la veille avec les copains.

Ça a trainé encore une bonne demi-heure avant qu’on parte. - Est-que t’as bien éteint le gaz ? - Attends, je suis pas sûre d’avoir fermé la porte du garage…

Adrien ! - Adrien, c’est mon père - je suis pas sûre d’avoir laissé de l’eau à Prunelle ! -. Prunelle, c’est le Shitsu de ma tante… Elle y tient pareil qu’à celle de ses yeux !... Je voyais mon père bouillir… - bon, eh ben vas-y donner de l’eau à ta bestiole.  Mais si ça continue, on va pas être à l’heure ! -…

- l’heure de quoi ? a dit maman ?

- comment ça, l’heure de quoi ? l’heure. L’heure qu’on a dit. Bon sang, l’heure c’est l’heure !



 

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Une famille en or (un accident) ... 2  (Fiction) posté le mercredi 30 juillet 2008 18:29



Moi, j’avais bien envie de demander à quelle heure était le train… juste histoire d’en rajouter une louche. C’est vrai quoi, on avait tout notre temps, vu qu’on allait se promener en voiture,  mais j’ai vu que Papa était en train de s’énerver pour de bon. Il a le sang chaud, mon père. C’est vrai qu’un chef de gare, même en retraite, ça plaisante pas avec les horaires… D’ailleurs, Solange l’a vu aussi. Elle est ressortie de la maison en trottinant. - voilà, voilà ! j’arrive. Je sens bien que mon frère s’impatiente ! Prunelle avait de l’eau, mais j’en ai quand même remis dans une autre gamelle. On sait jamais, s’il nous arrivait quelque chose… -

J’ai vu papa hausser les épaules et passer la première ! Arrivés au premier rond point, cri du cœur d’oncle Lucien ! - merde ! -

- quoi ?

- J’ai oublié mon appareil photo. -

Un grand photographe, mon oncle. Enfin, comme ça, pour s’amuser. N’empêche, ils avaient un grand poster de Prunelle juste dans l’entrée. Il  pouvait pas faire un pas sans son appareil photo. Mon père commençait à grommeler, mais il a pas voulu faire de vagues dès le départ. En plus, j’ai vu Maman qui lui donnait un coup de coude, depuis le siège arrière. Il a fait demi-tour.  

- Passe moi donc une bière de la glaciaire - qu’il a dit à Maman. Puis, quand l’oncle Lucien est revenu avec son magnifique Sony reflex numérique

-  Bon ça y est, le chien a son appareil photo ? Vous avez à boire dans vos gamelles ? on est prêts ? Papa a finalement pris ça à la rigolade, et on est repartis. Lucien a rien dit …

Heureusement qu’on n’a pas croisé de radars, parce que je sais pas si  c’était d’énervement ou pour rattraper le retard, mais papa a écrasé le champignon. On traversait des prés un peu vallonnés, avec des vaches dedans. A un moment, on longeait la Seine. C’était beau. Une ou deux fois, j’ai vu oncle Lucien sortir son appareil photo, et papa qui le lorgnait du coin de l’œil. Je pense qu’il aurait bien voulu s’arrêter prendre une photo. Mais papa lui en a pas laissé l’occasion. C’est frustrant pour un photographe, de ne pas pouvoir faire des photos. Sur le moment, il imaginait peut être le cadre qu’il allait mettre au dessus du buffet, ou sur la cheminée. On a roulé, roulé. D’abord en silence, et puis Papa a voulu mettre la radio, pour les infos de 10h30. Manque de pot, la pendule de l’auto était pas à l’heure. On a raté les infos. Ils on annoncé 10h35 et ils ont passé une chanson de Claude François. Maman et tante Solange ont poussé la chansonnette  avec Cloclo …  toute seule sur la plage, pauvre petite fille riche !

Elles connaissaient la chanson par cœur ! Moi, je crois bien que c’était la première fois que je l’entendais. En tous cas, ça mettait de l’ambiance. Et elles repartaient de plus belle… Il aurait mieux valu ne jamais se rencontrer…. ! C’était drôle … A la fin, même papa et oncle Lucien reprenaient le refrain… maintenant il va falloir oublier…. !! On a fini tous en chœur en riant comme des bossus notre ammmmmmouuuur !! C’est malin, j’ai eu l’air dans la tête toute la journée.

Et puis, on a aperçu la mer.

-  Regarde fiston ! C’est le Havre là-bas ! - Fiston, c’est moi. C’est beau la mer, c’est vrai qu’on n’y était pas allés souvent finalement. Même en vacances, on allait toujours chez Grand Père Etienne, dans le Jura. J’en avais marre du Jura. A la fin, je m’y ennuyais ferme. Y a rien à faire dans le Jura. Et puis papy Etienne est mort. Et on a revendu la maison.

On a traversé le Havre. C’est moche. Surtout le centre ville. Oncle Lucien m’a dit que toute la ville ou presque avait été détruite pendant la guerre, et qu’ils ont reconstruit. - Un chef d’œuvre d’architecture -, qu’il a ajouté. J’ai jamais su s’il plaisantait…

Papa avait déjà descendu quatre bières, - oncle Lucien deux-. On a mis le cap sur Etretat, et il a dit -  bon, je sais pas vous, mais en arrivant, j’irais bien m’en jeter un petit avant de manger -

- bonne idée a dit tante Solange, j’ai faim ! - Elle s’en fichait, de l’apéro. Je crois que je ne l’avais jamais vu boire une goutte d’alcool.

Jusque là, on ne l’avait pas entendu beaucoup, tante Solange. Elle voulait surtout voir la mer. On était quand même descendus de la voiture sur une plage du Havre. Papa voulait aller voir le port, mais nous, on préférait voir la plage, le sable quoi. Il a fait un peu la tête sur le coup, mais finalement, il s’est rangé à l’avis de la majorité. Oncle Lucien a pas arrêté de prendre des photos.

-  Heureusement qu’il y a plus de pellicule, maintenant. On peut prendre en photo n’importe quoi -, il a dit.

Tante Solange arrêtait pas de fredonner des chabada-bada chabada-bada Elle disait que c’était là qu’ils avaient tourné je sais plus quel vieux film. Papa disait que non, que c’était à Deauville, rien à voir. - Oh, c’est pareil - qu’elle a dit. Papa a ricané - Ah et ben si pour toi c’est pareil, je comprends mieux … 

- pourquoi quoi a demandé Maman ?

- pourquoi rien, il a dit…

Tante Solange était toute rouge. Là, je me suis demandé si ça avait un rapport avec le jeu à Paris. Elle avait sorti une mauvaise réponse à un moment, et du coup, on n’avait gagné moins d’argent.



 

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Une famille en or (un accident) ... 3  (Fiction) posté le mercredi 30 juillet 2008 18:29

 

Finalement, on a décidé qu’on irait manger dans une pizzeria, et qu’on prendrait directement l’apéritif là-bas. Il était midi moins le quart. On était tous seuls dans le restaurant. J’ai bien vu que le serveur était un peu embêté qu’on arrive aussi tôt. Il nous a dit que le service n’était pas avant 12h30. Puis il est parti chercher son carnet de commandes. Papa a imité son accent italien - lé serviss il é pa avant douzère trannte - Grosse rigolade générale. A mon avis, le serveur avait entendu. Après il faisait carrément la gueule. Comme il fallait patienter, on a pris au moins quatre tournées. Enfin, maman et tante Solange se sont arrêtées à deux. J’étais quand même super étonné. D’habitude elle buvait jamais. Au bout du premier verre elle a fondu en larmes : -  oh, vous ne me dites rien mais je sais bien que vous m’en voulez tous…

- Mais de quoi on t’en voudrait a dit oncle Lucien ? - C’est vrai, de quoi on lui en aurait voulu ? Elle était triste. Elle était saôule.

-  Mais pour mes réponses au jeu, pardi !

- Mais non, Solange a dit Maman.

- Tante Solange, arrête de dire ça, personne t’en veux, - j’ai ajouté.

- Tu vois, lui a dit Lucien, tu devrais pas te mettre dans cet état. Personne t’en veux.

Papa disait rien. Tante Solange l’a regardé, et elle a dit.

-  tu vois, toi, tu dis rien. Tu m’en veux. Hein, que tu m’en veux… !

- Eh ben allez, oui, je t’en veux, si ça peux te faire plaisir !

- Oh arrêtez tous les deux. C’est la fête aujourd’hui. C’est pas le moment de se chamailler ! -

Et puis les Pizza sont arrivées. Il était temps parce que je commençais à avoir une faim de loup.

Elles étaient drôlement bonnes les Pizzas. Sauf celle de Maman, qui avait des champignons dessus. Elle a horreur des champignons. Bon, le serveur a pas voulu les enlever. Il a dit que c’était marqué sur la carte, que la ‘Quatre saisons’ elle avait des champignons. Du coup, il a pas eu de pourboire. Papa a dit - tiens, ça, c’est pour les champignons ! -…

On est repartis en rigolant du restaurant, direction les falaises. Il y avait une sacrée ambiance dans la mégane. Oncle Lucien répétait - tiens ! ça, c’est pour les champignons ! - Eclat de rire général.

- C’était pas à gauche là ? - Maman a dit

- Tu crois ?

- Oui, c’était là, - a confirmé tante Solange.

- Et vous pouviez pas me le dire avant ?

- Mais je croyais que tu savais - a dit Maman. 

Papa a commencé son demi tour en ralant, et puis la voiture a plus voulu avancer. Elle penchait un peu de l’arrière. Tante Solange a ouvert la portière.

-  Tu t’es embourbé ! - elle a dit. - C’est drôlement humide dans la région. - Papa a insisté. Le moteur ronflait. Plus il insistait, plus la voiture penchait.

- merde, merde et merde ! - Il a dit.

- T’enerve pas Papa, j’ai tenté. J’aurais mieux fait de me taire…

- Qu’est ce que t’as a la ramener toi sacré nom d’un chien? t’as même pas ton permis ! Tu ferais mieux de descendre pousser -. Je suis descendu, j’ai poussé. Rien à faire !

- Bordel ! - Papa a hurlé… C’est mauvais signe, quand il commence une phrase par Bordel. Il a arrêté le moteur – ou il a calé, je sais pas trop. Et puis il s’est retourné.

- J’ai une idée. Nous les trois hommes, on va descendre et pousser. Toi, Simone, tu prends le volant.

- Ben et moi, je fais quoi ? - a demandé tante Solange.

- Rien, surtout, tu fais rien. C’est encore le mieux - a grommelé Papa.

- Moah ! ça veut dire quoi ça ? a demandé Solange -

Mon père a pas répondu. Il est sorti de la voiture. Pour pousser. Oncle Lucien l’a regardé de travers, mais il a rien dit.


 

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Une famille en or (un accident) fin  (Fiction) posté le mercredi 30 juillet 2008 18:29


 

On a bien essayé de pousser. Mais plus la voiture ronflait, plus elle s’enfonçait dans l’ornière. Rien à faire. On avait de la boue sur les vêtements.

Et puis Maman a calé.

- Ah c’est malin ! bravo. Elle a calé en plus.

- Oncle Lucien a risqué un - Les femmes au volant… -

J’ai rigolé… J’aurais pas dû.

- Ah ça te fait rire toi ? couillon… qu’il a dit mon père.

- Tante Solange qui était restée dans la voiture a voulu me défendre.

- Mais arrête, il y est pour rien lui…

- Mais de quoi je me mêle ? Et puis tu crois pas que t’aurais pu descendre de cette putain de voiture non ? C’était déjà pas assez dur comme ça à pousser ? Il fallait que tu nous handicapes de quatre-vingt dix kilos ? - qu’il lui a dit..

- Bon, tu me traites de grosse en plus ? - Et là, il a explosé…

- Mais tu vois pas que tu sers à rien ?

- quoi ? -  elle a manqué s’étrangler en sanglotant. Mais papa reprenait de plus belle…

- Au-to-mo-bile ! Au-to-mo-bile ! C’est compliqué à trouver comme moyen de transport  une au-to-mo-bile ? A la question un moyen de transport, quatre vingt cinq pour cent des gens répondent une au-to-mo-bile ! et ben non… mon idiote de frangine, elle, elle dit trotinnette ! Zéro pour cent des réponses. Tu parles …. Treize mille euros qui s’envolent d’un coup. Tu les a vus ? tu les vois plus…

- Ah ben tu vois que tu m’en veux… - Là, elle avait pas tort tante Solange.

- Ah ben tu vois que tu m’en veux … a répété mon père en imitant ma tante…

- Oh dis donc Adrien, tu crois pas que tu pousses un peu ?

- Oh toi le chômeur de longue durée hein, si j’étais toi, je la ramènerais pas… 

- Laisse Lucien, a dit ma tante Solange, j’ai pas de leçons à recevoir d’un alcoolique…

Maman a essayé d’intervenir, parce que là, ça devenait limite limite.

- Lucien, arrête ça tout de suite ! - Et puis elle a eu le tort d’ajouter… 

- bon, Solange, pour être franche, c’est vrai que sur ce coup là, t’avais assuré moyennement quand même.

- Sur quel coup ? vas-y dit un peu…

- Ben sur le coup de la trotinnette !

- Ah non, tu vas pas t’y mettre toi aussi ?.... Vous êtes complètement dingues tous les deux !

- Ben quand même, treize mille cinq cent euros ! tu crois pas qu’on l’a eu mauvaise non ? On en aurait fait des choses avec cet argent. Vous en avez sûrement pas besoin vous d’argent… Y faut croire !

- Ah bon ? Première nouvelle.. On n’a pas les moyens de s’acheter des GPS qui fonctionnent même pas nous ! a déclaré oncle Lucien.

- Mais tu rigoles, il marche très bien le GPS - a dit tante Solange. - C’est juste qu’il sait pas s’en servir -.

- pardonne moi, madame, mais moi, j’ai un cerveau… - a dit Papa. - tout le monde ne peut pas en dire autant… -

- Ah oui, mais pardonne moi aussi… - tante Solange hurlait ! - moi, je suis pas cocue - qu’elle a dit…

Maman l’a giflée. Une de ces torgnoles quand j’y pense…

Mon père a gueulé.. - Simone ! Il va falloir qu’on parle -

-  l’écoute pas cette dinde, elle dit n’importe quoi !

Et là, j’en croyais pas mes yeux. Tante Solange a fini par sortir de la voiture. Elle sanglotait, elle sanglotait. Et puis, elle est partie en titubant dans le pré.

- J’en ai marre, de toutes façons, je veux mourir ! - qu’elle a crié.

Et puis on l’a plu vu. D’un seul coup, elle a disparu du haut de la falaise.

Ça nous a fait un choc

On s’est tous approchés. Pas de Solange. Bon sang. Il y avait  un à pic d’au moins trente mètres… Oncle Lucien s’est jeté sur papa.

-  Tu vois, elle est morte maintenant. C’est de ta faute tout ça. Ah tu vas me le payer ! - Papa était plus trop sûr de quoi que ce soit…

- Attend -, qu’il a dit à oncle Lucien. Mais il était comme fou. Ils ont roulé un moment dans l’herbe. Ils se tiraient les cheveux et tout. A un moment, ils se sont relevés. Lucien pleurait.

-  Tu l’as tuée, tu l’as tuée…salaud

- déconne pas Lucien… - mon père a dit. Et puis ils ont heurté la pierre… Ils ont fait un bruit sec en s’écrasant en bas. C’est con, mais je me suis dit - tiens, c’est bizarre, on avait pas entendu le même bruit pour tante Solange -.. Maman et moi, on s’est regardés. On était pétrifiés. On pleurait tous les deux à chaudes larmes. Quelle journée.

Maman a dit bouge pas fiston, je vais aller chercher du secours… Elle s’est approchée de la route. Elle était groggy, toute en larmes. Elle a pas vu le camion…

Le drame total ! je savais plus quoi faire. Et puis, c’est là que je l’ai entendue dans mon dos…

C’était tante Solange. Elle avait dû être arrêtée dans sa chute. Pas une égratignure, rien ! Elle titubait encore, mais elle remontait par le petit chemin… J’étais despespéré… Et là, elle me regarde et elle me dit : 

- alors, ça y est, ils l’ont débourbée leur gimbarde ? - Alors là, j’ai vu rouge. J’ai ouvert le coffre. J’ai pris le fusil…

C’est épouvantable, c’est comme je vous dis, monsieur le commissaire… un accident.   


Dom


 

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