Accueil Date de création : 04/07/07 Dernière mise à jour : 20/01/14 11:03 / 278 articles publiés

En direct de la RATP

Tout tout a continué (non non, rien n'a changé)  (En direct de la RATP) posté le dimanche 01 février 2009 09:53

Blog de dommage :DOMMAGE !, Tout tout a continué (non non, rien n'a changé)


Au fond c'est juste un C à la place du A. Qu'est-ce que ça change? Je dirais que le quai est peut être un peu plus court, le train un peu moins plein (ça c'est bien), mais tout aussi en retard ! Et puis c'est pas A comme RATP, mais C comme SNCF.
Et puis il y a toujours des gens qui font la gueule (je vois la mienne dans la vitre, et celles des autres, et je confirme, on fait la gueule). Il y a toujours des gens qui parlent tous seuls (certains sont reliés à des fils et des écouteurs, mais pas tous). D'autres lisent le journal, et d'autres dorment. Tiens, il y en a une qui écrit!. Ah mais oui, c'est moi ! Où avais-je la tête !!
Ah oui, une autre différence... J'ai dû acheter un ticket. Et puis aussi cette fois, j'habite à l'hôtel...


D.


 

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J’ai résilié ma carte orange.  (En direct de la RATP) posté le vendredi 09 mai 2008 09:43

 

 

...La larme dans l’œil du monsieur de la RATP n’ a pas infléchi ma décision. Il a pris mon « pass Navi-go », l’œil humide, ma jeté un dernier regard, et à passé l’engin dans la fente (enfin je veux dire la bande magnétique dans l’appareil pour la désactiver). La fin de mon abonnement prendra effet le 31 Mai à minuit. A cette date, à l’heure h, il deviendra officiel que je ne fais plus partie des clients RATP. J’aurai beau approcher mon pass des bornes de passage automatiques, je n’en déclencherai plus l’ouverture. Que ressens-je en sortant de la boutique ? Une pointe de regret ? de la nostalgie ? Une envie irrépressible d’aller faire pipi ? Non. Seulement le sentiment d’un timing impeccable et d’une mécanique du départ bien huilée. Lundi 28 Avril, je suis allée voir le boss (non, pas Bruce Springsteen…. pfff) le vrai, le commandeur en chef, le grand Timonier, le Petit Père du Peuple de mon entreprise, en un mot, le Jean Claude Tergal du Cac 40, mon patron. Et je lui ai dit merci ? Que nenni. Je lui ai dit « voilà, c’est fini »…. Oh, pas en ces termes exacts, mais ça revenait au même… N’allez pas vous imaginer que j’ai démissionné, hein. Je vois déjà certains regards suspicieux… Rassurez-vous d’abord, j’ai pas l’intention de me tourner les pouces au soleil… retrouver un job est ma priorité absolue des prochains mois (et des mois passés aussi d’ailleurs….Héhé). Rassurez-vous ensuite, je n’ai fait qu’anticiper les événements de quelques jours. L’entreprise, grâce au sens inné de la stratégie de son ‘líder máximo’, que j’ai décris auparavant, est condamnée. Elle ne passera pas l’automne, peut être même pas l’été, alors…  Alors il m’a regardé et m’a dit… « je comprends …. La situation est désespérée. Je cherche des financiers… »

J’ai compris qu’il n’y avait plus d’espoir… Qui voudrait investir là-dedans ?... Si certains sont intéressés, d’ailleurs, qu’ils me le fassent savoir, je transmettrai les dossiers… ». Sachez quand même que dans son esprit torturé, « chercher des financiers » signifie trouver un couillon argenté qui voudrait bien apporter son argent pour pouvoir payer les fournisseurs, le garder comme patron et unique décideur, et maintenir son incroyable salaire, ainsi que ses avantages… Vous comprendrez mieux le regard incrédule que je lui ai lancé, une fois qu’il eut fini sa phrase…

Toujours est-il qu’il a réfléchi 2 nano secondes après que je lui aie dit « j’en ai marre, j’y crois plus »… et qu’il m’a proposé direct un licenciement économique… Je dois dire que je ne l’avais jamais vu réagir aussi vite. Vingt minutes plus tard je signais déjà l’accusé de réception (remise en mains propres… au pluriel s’il vous plait. C’est vrai, vous avez déjà essayé de n’en laver qu’une vous ?..) Bref…. L’accusé de réception de ma lettre de convocation à l’entretien préalable… Quelque chose me dit qu’il n’attendait que cela…. Je suis soupçonneuse aussi…. Parfois, je vous jure !

Alors voilà, entretien, puis négociation (pas sur l’argent… j’ai rien demandé). J’ai soldé une partie de mes congés, etc… je vous passe l’administratif, ça m’emmerde….

Aujourd’hui est mon dernier jour. Et ce soir, mon dernier trajet en RER (enfin, je veux dire pour revenir du boulot car qui peut dire qu’il ne prendra plus jamais le RER ?… même vous, à des centaines de Km, ça pourrait vous arriver un jour, on n’est pas à l’abri de ces choses là).

Un vendredi où tout le monde fait le pont, j’ai donc vu ce matin pour la dernière fois le carré de ciel s’agrandir au gré de mon ascension de l’escalator. A l’heure qu’il est je m’interroge sur la façon de fêter mon dernier trajet de ce soir… J’hésite… me déguiser en Mickey et prendre un haut parleur pour dire au revoir aux passager ?... Je crois que c’est du déjà vu… En plus, on est en plein sur la ligne qui va à Disney… ce sera jugé peu incongru par le flot des touristes… Pleurer ? Oh, non, j’ai pas vraiment le cœur à ça… Prendre ma guitare et brailler « Hôtel California » dans la rame ?... J’ai trop mal aux doigts, vu que j’ai repris l’instrument il y a quelques jours après des mois d’abstinence, et que l’effet de l’acier se faire encore sentir sur ma main droite (eh oui, je suis gauchère…). Non… faire des photos ?.. Vous allez rire, j’ai oublié mon appareil photo. Mais c’est pas grave, il me reste assez de souvenirs pour entreprendre un anthologie, sauf que je ne vois pas qui cela pourrait intéresser. Bon, finalement, ce sont les collègues qui vont me manquer le plus. Alors je leur dédie cette résiliation de mon « pass navi-go ». Peut être même qu’un jour, je leur donnerai l’adresse de ce blog… et qu’ils voudront bien l’enrichir avec leurs anecdotes, leur expérience (plus longue que la mienne) de la collaboration avec notre big boss, l’homme d’affaires aux mille et un surnoms.  Ils apporteront un autre angle de vue, ce sera drôle. Et puis surtout, eux, ils auront vécu la fin de l’histoire, le chant du cygne de notre « Bill Gates » à nous….  Ils pourront dire « j’y étais »

 

 

Dom

 

 

 

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Toutes mes excuses  (En direct de la RATP) posté le lundi 19 novembre 2007 12:25

 

Je suis sincèrement désolée. J’aurais jamais dû faire toutes ces chroniques sur le RER, le métro, la RATP, tout ça…  Résultat, ils l’ont si mal pris qu’il y a plus de trains maintenant.

Non si j’avais su, vraiment, je n’aurais rien écrit. Bon, ils sont susceptibles aussi, mais que voulez-vous, c’est comme ça, j’assume…

D’autant plus que finalement je suis assez d’accord avec cette idée de grève, parce que mes calculs, ce matin, entre le beurre et la confiture m’ont confirmé que je serais en retraite à l’âge de 63 ans… Si tout va bien ! Alors franchement, moi aussi j’en veux de la retraite à 50 ans (eu égard à la pénibilité de prendre leurs trains quand ils circulent). Moi aussi je fais grève, c’est décidé, je sors plus ma voiture. Ou pire, je la sors une fois sur 5. Eh oui, finalement, vous qui faites la guerre sur le quai en ce moment, vous qui finissez par en venir au mains et aux pieds pour pouvoir passer le dernier genou ou l’épaule qu’est pas encore montée dans le train, vous en voulez à ceux qui font grève. Et c’est bien là votre erreur ! Regardez les choses en face, votre pire ennemi, dans le 1 train sur 5, c’est pas les 4 qui circulent pas. Non, votre pire ennemi, c’est le méchant conducteur qui a décidé d’aller travailler ce matin. C’est ce 1 train sur 5 qui vous oblige à aller voir à la gare si vous serez obligés d’aller bosser ce matin. C’est  pire que tout, parce que ce put… de train sur 5, il va finir par vous emmener au bureau, couvert de bleus, de sueur, de larmes, et peut être de sang, qui sait… Résultat, vous aurez (encore) perdu quelques mois d’espérance de vie, avec tout ce stress, et en plus, une fois sur votre lieu de travail, vous ne serez plus jamais sûr de pouvoir rentrer chez vous le soir… Car le 1 train sur 5 du matin n’est pas le 1 train sur 5 du soir… Non vraiment, ce train qui circule, il nous enquiquine pour de bon. C’est lui le coupable. Si au moins, il y avait 0 train (rideau de fer fermé et tout)… On resterait chez soi, avec la bonne conscience de ceux qui ont tout essayé…mais là, c’est l’impasse, il faut allez chercher ce train de m…. qui circule. Ah non vraiment, salauds de non grévistes ! (oh allez, le prenez pas mal, c'est pour rire...)

Dominique

 

 

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Ça va comme un lundi  (En direct de la RATP) posté le lundi 29 octobre 2007 10:51

 

Hier, je me suis levée à 9h30… Ce matin à 6h20. Devinez la tronche que j’ai en jetant le premier regard dans la glace.  Le proverbe dit « vous n’êtes pas responsable de la tête que vous avez, mais vous êtes responsable de la gueule que vous faites… » Le réveil (celui qui sonne à faire sursauter les morts) est il considéré comme une circonstance atténuante ?

6H30 Les gouttes que j’entends tomber sur le toit n’annoncent rien de bon. Finalement c’était pas le bruit de la douche. Bon sang, j’y suis : il pleut ! J’ai froid, et j’ai failli me rétamer en enfilant ce bord… de pantalon… ! Comme disent certaines BD..  « après quelques instants d’une rare violence… » je sors de la salle de bains. J’ai envie d’aller au bureau comme d’aller voir un film de Jane Campion (dans mon cas, c’est dire…) Je descends l’escalier normalement, c'est-à-dire sur mes 2 jambes (c’était pas gagné d’avance)…et j’allume la radio sur la seule station qui fonctionne :  radio Sarko Europe1. Non non Jacques Pradel, inutile de te fatiguer (d’ailleurs c’est moi que tu fatigues), j’ai le moral au niveau des polders de Hollande. D’ailleurs, je conseille à tout le monde de passer des week-ends pourris (c’est ce que j’aurais dû faire si j’avais su), ça rend les lundis moins difficiles. 5 jours !! qu’est-ce que c’est long !... alors que la vie est si courte… Il y a de ces paradoxes.  

Tout n’est pas si noir, je viens de me souvenir que jeudi prochain, « y a pas école » car on fête les Saints. Merci les Saints !

8h00…Mais quand faut y aller, faut y aller…Fatiguée je suis…Alors, je récapitule la liste des mauvaises nouvelles :

C’est lundi, il pleut, on vient de changer d’heure et il va faire nuit à 17heures, il fait froid, et je sens que je vais devoir lever le nez de mon livre…

« Excusez moi, je suis enceinte… quelqu’un peut-il me laisser une place assise ? »…Il y a quand même des bonnes nouvelles : la France est en train de se repeupler à vitesse grand V, et moi, je ne suis toujours pas sourde ! Je laisse donc ma place à la dame. Je pense que les femmes enceinte savent à quelle heure je prends le RER, et dans quelle rame je suis. Elles se passent le mot… Elles m’en veulent, c’est sûr. Tiens, voilà que je vire parano. D’ailleurs, qu’est-ce qu’ils ont les collègues à me regarder comme ça ce matin…. ? Pour eux aussi, c’est lundi ?

 

Dominique

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God bless la RATP !  (En direct de la RATP) posté le mardi 23 octobre 2007 10:29


En 5 ans, j’ai calculé que j’avais effectué environ 2400 trajets sur la ligne A du RER, ce qui représente à peu près 96 000 minutes (soit près de 1600 heures, mais aussi plus de 66 jours, c'est-à-dire 2 gros mois non stop). Si on imagine aisément que j’ai pu m’asseoir à peu près la moitié du temps (en étant optimiste, ce qui est un exploit après avoir vu défiler devant mes yeux ces chiffres ahurissants…) j’ai passé plus d’un mois debout dans le couloir d’un RER, accrochée à une barre comme une moule à son rocher… Et je suis sûre que nombre d’entre vous, en ayant fait le calcul m’auraient immédiatement reléguée avec mon score au rang des débutants du RER… Je n’ose imaginer à quoi ressemblent les records atteints par tous ce honnêtes citoyens (dont forcément sur le nombre, certains doivent être vraiment malhonnêtes parce qu’il y a pas de raison…) qui hantent la ligne A depuis leurs plus vertes années et jusqu’à l’aube de leur crépuscule (qui nous…*)

* private joke… Bref !

Quand il passe autant de temps dans sa vie à une activité, l’être humain éprouve le besoin de se justifier, de dire que ce fut une expérience intéressante, de positiver quoi, alors moi aussi arrivée à un carrefour de ma vie (ah oui mais ça, c’est un secret) je po-si-tive, et j’ai envie de dire que tout ceci n’a pas été inutile. Je tiens donc à remercier officiellement la RATP.

Merci :

- de m’avoir permis d’économiser tous ces litres d’essence, contribuant ainsi modestement à retarder l’inéluctable échéance de la fin du monde. Espérons que je l’ai repoussée d’au moins 96 000 minutes,  soit 1600 heures, 66 jours, 2 mois quoi…

- de m’avoir volé assez de temps pour que cela me donne l’occasion de découvrir Michael Connelly, Denis Lehane, Pierre Pevel, Pierre Magnan, John Case, James Ellroy, Philippe Cavalier, Dan Simmons et j’en passe… maintenant une moyenne honorable de 60 bouquins par an !

- de m’avoir fait prendre conscience du fait que non seulement je n’étais pas sourde, mais qu’en plus, j’ai une super oreille. Je l’ai encore remarqué ce matin ! J’étais assise avec 3 de mes compagnons de voyage, lorsqu’une femme se penche vers nous et dit à peu près « excusez moi, je suis enceinte, et j’aurais besoin de m’asseoir…. Est-ce que quelqu’un veut bien me laisser sa place ? » Eh bien croyez le ou non, je fus la seule à entendre la supplique !... dingue non ? le nombre de sourds qui circulent en RER… Grâce à mes oreilles de « Super Jaimie » une femme enceinte a pu voyager assise ce matin !

- Merci aussi de m’avoir permis d’être mélangée à autant de couleurs, d’ethnies, de religions, et de nationalités différentes ! Je ne les ai pas comptées, les nationalités, mais le nombre doit être hallucinant… Et cela m’a imposé comme une certitude l’idée selon laquelle jaunes, blancs, noirs, cathos, juifs ou musulmans, on a tous autant l’air con derrière la vitre ! Et ce genre de mélange ferait du bien à certains qui croient qu’ils sont meilleurs que les autres… Je réclame un stage obligatoire dans le RER pour tous les racistes du monde.

- Merci enfin de m’avoir convaincue que tout ceci n’est pas une vie, que ça peut plus durer, et de m’avoir ainsi poussée à cette ultime et salvatrice décision : il faut qu’on se casse d’urgence !!

RATP, le temps de se quitter n’est pas encore venu, mais il arrive à grands pas, je le sens. Sache, RER, que ce jour là,  je partirai sans remords et sans un adieu, sans même me retourner, mais que je n’oublierai pas d’où je viens, et tout ce que je te dois. Merci.

 

Dominique

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